Le cancer du sein


Les symptômes


Le cancer du sein est une tumeur maligne qui prend naissance dans les cellules de la glande mammaire. Il ne doit pas être confondu avec les nombreuses autres nodosités palpables, généralement bénignes, qui se développent dans le tissu conjonctif ou graisseux du sein.

Ainsi, toute grosseur nouvelle au sein ou à l’aisselle, toute modification de la forme ou de la taille de votre sein, tout écoulement par le mamelon, ou encore tout changement notoire de l’aspect de la peau du sein ou de l’aréole – crevasses, pigmentations – doivent être signalés à votre médecin car ils constituent les symptômes visuels les plus répandus et qui doivent alerter.

Le cancer du sein se présente le plus souvent sous la forme d’une petite boule qui peut être palpée parfois par la patiente elle-même. Cette petite boule peut également être visible sur une mammographie. En fait, dans la plupart des cas il ne s’agira pas d’un cancer mais d’une tumeur bénigne comme par exemple un petit fibrome.

Un suivi médical régulier, au moins une fois par an, par votre médecin généraliste ou votre gynécologue est donc conseillé.

Une grosseur au sein est-elle toujours cancéreuse ?


Heureusement non, sur 5 grosseurs examinées, 4 sont totalement bénignes. Aussi faut-il vous efforcer d’envisager sans trop d’anxiété et d’appréhension les examens que votre médecin peut préconiser. Il faut souligner que plus la détection de la maladie est précoce, plus vos chances de guérison sont élevées.

Dépistage du cancer du sein


Aujourd’hui le cancer du sein est le cancer le plus répandu chez les femmes et sa fréquence augmente avec l’âge. Chaque femme peut développer un cancer du sein même si aucun membre de sa famille n’a été touché par cette maladie.

Il n’existe pas encore de moyen d’éviter son apparition. Cependant, un cancer du sein dépisté tôt est plus facile à traiter, engendre moins de séquelles et permet de retrouver une bonne qualité de vie après le traitement.

Le diagnostic précoce d’un cancer du sein, dans l’état actuel des connaissances en médecine, ne peut se faire que grâce à la mammographie de dépistage.
Le Ministère de la Santé et la Caisse Nationale de Santé (anciennement Union des Caisses de Maladie) ont organisés ensemble un programme de dépistage du cancer du sein aussi appelé « Programme Mammographie ».  Le dépistage organisé du cancer du sein

Objectifs du Programme Mammographie


Le Programme Mammographie propose à toutes les femmes de 50 à 69 ans de faire réaliser tous les 2 ans une mammographie de dépistage du cancer du sein. En pratique, 22.000 invitations sont adressées, par an, aux personnes concernées du département.

  • Le Programme Mammographie a pour objectifs :
  • le dépistage des petits cancers du sein en dessous de 10 millimètres,
  • la diminution du nombre de biopsies mammaires réalisées pour des lésions bénignes,
  • l’augmentation du nombre de cas où le sein est conservé,
  • l’amélioration de la qualité du dépistage et du suivi médical des femmes pour lesquelles une procédure diagnostique a été recommandée,
  • à long terme, la réduction de la mortalité par cancer du sein.

Ces objectifs ne peuvent être atteints que si la majorité des femmes répondent régulièrement à leur invitation de participer au programme.

Les différentes techniques de dépistage


Il est essentiel que vous connaissiez les précautions et les examens simples qui permettent de dépister un éventuel cancer du sein le plus tôt possible et donc d’accroître les chances de guérison totale.
Outre les consultations – en tout cas au moins une fois par an – demandez à votre médecin généraliste ou votre gynécologue d’examiner votre poitrine.

La palpation des seins lui apportera des indications essentielles. S’il percevait un nodule, c’est-à-dire une petite boule lui paraissant anormale, ou si différents éléments de votre état de santé l’y incitaient, il vous prescrirait alors une mammographie et/ou une échographie.

La mammographie est l’examen radiographique des seins. Elle permet de révéler des petites tumeurs qui ne sont pas toujours détectables par la seule palpation des seins.

L’échographie, qui explore le sein grâce à des ultrasons, permet, dans certains cas, d’apporter des informations complémentaires de la mammographie.

En cas de doute, une cytoponction ou une biopsie, c’est-à-dire l’examen au microscope d’un fragment de la tumeur pourra être réalisé pour confirmer de manière formelle son diagnostic ; elle devra être effectuée par un spécialiste de ce genre d’examen.
Si la biopsie est positive, les dosages des récepteurs des œstrogènes et de la progestérone sur les cellules cancéreuses  seront indispensables au médecin pour déterminer le traitement futur.

Le scanner (appareil d’imagerie par rayon X) permet d’étudier le tissu mammaire de manière plus approfondie que la mammographie. Il permet aussi de mieux voir les ganglions de l’aisselle et dans le médiastin (zone entre les poumons).

L’IRM (imagerie par résonance magnétique) apporte un type d’image différent du scanner. Ici l’image est obtenue par « les mouvements des molécules » au sein des tissus normaux et cancéreux.
Ces deux techniques – Scan et IRM – améliorent considérablement l’imagerie du sein.

Avantages du dépistage

  • Réduction de la mortalité : la détection du cancer du sein, quand il est petit et très probablement encore à un stade précoce, augmente les chances de guérison. On peut espérer qu’il y aura une réduction de mortalité dans la population-cible d’environ 25%. Ceci peut atteindre un taux de 40% dans la population « dépistée ».
  • Les clichés sont lus par deux radiologues indépendamment l’un de l’autre. S’il y a discordance entre les deux radiologues une 3e lecture est organisée et après discussion le résultat final est envoyé au médecin traitant.
  • Chirurgie moins mutilante, traitement moins lourd: les petites tumeurs peuvent être traitées au moyen d’une chirurgie conservatrice (70% dans le cadre du Programme Mammographie).

Prévention et facteurs de risque

Divers facteurs de risque peuvent avoir une influence sur la venue d’un cancer du sein : l’âge, des antécédents familiaux, des facteurs génétiques… C’est pourquoi il est important de connaître les précautions et les examens simples qui permettent de dépister un éventuel cancer du sein le plus tôt possible et donc d’accroître les chances de guérison totale.

Le facteur âge

Les deux tiers des cancers du sein se développent chez des femmes de plus de 50 ans. En revanche, cette maladie est rare chez les femmes de moins de 35 ans et reste exceptionnelle chez celles qui ont moins de 20 ans.
Après 40 ans, les statistiques nous apprennent que le risque d’avoir un cancer du sein se multiplie une fois et demie tous les dix ans.
Après 50 ans, outre l’examen – au moins annuel – de vos seins par votre médecin traitant ou votre gynécologue et l’auto-palpation mensuelle de vos seins, votre médecin vous prescrira une mammographie tous les deux ans pour dépister de manière très précoce un éventuel cancer.

Les antécédents familiaux

Une femme dont la mère ou la sœur a déjà eu un cancer du sein risque deux fois plus que les autres femmes de développer un cancer du sein. Si tel est votre cas, vous devez, encore plus que les autres, vous faire surveiller médicalement au moins une fois par an et ne pas omettre de signaler vos antécédents familiaux à votre médecin traitant ou à votre gynécologue.

On a également constaté que le risque était plus élevé chez les femmes ayant eu à la fois des règles précoces et une ménopause tardive. Les femmes sans enfant ou ayant eu un premier enfant après 30 ans semblent de même un peu plus exposées au développement d’un cancer du sein.

La pilule augmente-t-elle les risques ?

Il est désormais acquis que la pilule n’augmente pas globalement le risque de cancer du sein. De même, les rumeurs qui lient le cancer du sein à la pratique des seins nus, à la réception d’un coup violent sur la poitrine ou au port du soutien-gorge à baleines sont de la pure fantaisie et ne reposent sur aucune démonstration scientifique. La pilule ne provoque pas le cancer du sein mais favorise le développement d’un cancer. C’est pour cela qu’elle est contre-indiquée en cas de cancer du sein et en cas de risque important de cancer, par exemple chez les femmes ayant des antécédents familiaux de cancer du sein.

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